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Le Centre vote dans le dossier du redéveloppement de la Maison de la francophonie

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Le Centre culturel francophone de Vancouver a voté contre l'adoption d'une Lettre d'intention avec le développeur immobilier Canderel dans le dossier d'un éventuel redéveloppement de la Maison de la francophonie

 

 

VANCOUVER, le 4 juillet 2018  -  Le 30 mai dernier, le conseil d'administration de la Société Maison de la francophonie a convoqué les 12 associations francophones (commanditaires) propriétaires du terrain et du bâtiment de la Maison de la francophonie de Vancouver à une réunion extraordinaire générale. L'objectif de cette assemblée générale extraordinaire visait l'approbation d'une Lettre d'intention avec le promoteur immobiler Canderel quant au redéveloppement éventuel du site actuel de la Maison de la francophonie de Vancouver.

 

Or, le Centre culturel francophone de Vancouver a décidé de voter contre cette lettre d'intention. « Nous avons émis de nombreuses réserves au cours du processus qui a conduit au vote quant à cette lettre d'intention, et celles-ci portent tant sur le fond du projet, que sur certains aspects du processus lui-même », explique la présidente du conseil d'administration du Centre, Mme Monique Thibault.

 

« Cette lettre d'intention a fait l'objet d'échanges qui ont duré une année et demie entre les avocats du promoteur immobilier Canderel et les avocats du conseil d'administration de la Société Maison. Or, nous n'avons eu une copie de cette lettre d'intention qu'une semaine avant le vote. Il s'agit d'un document juridique complexe, rédigé en anglais, qui comprend 18 pages, et qui mérite une étude approfondie. Quant au sommaire en langue française de cette lettre d'intention, il nous a été remis seulement la veille du vote », poursuit Mme Thibault. « Selon nous, ce délai était insuffisant pour que nous puissions prendre une décision éclairée et obtenir un avis bien étayé concernant les impacts éventuels de ce projet, tel que décrit dans la lettre d'intention, sur le maintien des activités et du modèle d'affaire du Centre, et cela contrevient à des principes importants de diligence raisonnable » fait valoir Mme Thibault. « Ce vote est survenu à peine deux semaines avant la tenue de la 29ième édition du Festival d'été francophone de Vancouver, qui a eu lieu du 14 au 23 juin, alors que notre organisme était entièrement mobilisé pour assurer la réussite de l'événement », souligne Mme Thibault.

 

« Nous avons accepté de rencontrer, à leur demande, le conseil d'administration de la Maison de la francophonie une semaine avant la tenue du vote, puisque celui-ci souhaitait mieux comprendre la position du Centre dans ce dossier. Bien que nous sommes reconnaissants d'avoir pu expliquer nos inquiétudes quant au projet, au moment de cette rencontre, nous n'avions toujours pas reçu une copie de cette lettre d'intention », précise Mme Thibault. « Or, après en avoir fait une lecture du document au meilleur de nos connaissances, nous avons constaté que celui-ci comporte des échéanciers serrés sur la réalisation du projet de redéveloppement et le transfert de la propriété du terrain et du bâtiment au promoteur immobilier, ainsi que des éléments qui renforcent les inquiétudes que nous avions exprimées par le passé et également lors de cette rencontre avec le conseil d'administration de la Société Maison », poursuit Mme Thibault.

 

« Dans sa forme actuelle, le projet implique une démolition de l'édifice qui va menacer de plein fouet notre capacité à continuer à générer des revenus autonomes qui occupent une place majeure dans le plan d'affaire du Centre, particulièrement en ce qui concerne notre relation avec le Café Salade de fruits », note Mme Thibault. « Le Centre a investi beaucoup d'efforts, notamment financiers, pour assurer la faisabilité de l'installation dans ses espaces d'un café bistro français en 1995, et depuis 23 ans, Salade de fruits est devenu une marque de commerce enviable de la Maison de la francophonie, et un des piliers qui fait de la Maison un lieu de rassemblement pour la communauté francophone, francophile, et pour les citoyens de notre quartier et de la région du Vancouver métropolitain. Nous avons dû faire conjointement à deux reprises des travaux majeurs pour que Salade de fruits puisse opérer dans sa forme actuelle. Grâce à ces efforts, cette relation est devenue une histoire à succès et une pratique exemplaire pour un organisme francophone qui cherche à diversifier ses sources de financement », affirme Mme Thibault. « Le projet actuel de redéveloppement négocié par Canderel et la Société Maison de la francophonie ne prévoit pas d'appui financier pour la relocalisation d'espaces commerciaux, et compte tenu des coûts importants pour déplacer un restaurant dans un nouvel environnement, d'autant plus que cela devra survenir à deux reprises, soit sur une base temporaire pendant la période de démolition et de construction, et à nouveau au moment où le nouvel édifice serait prêt, nous ne voyons pas comment nous parviendrons à conserver cette relation entre le Centre et le Café », soutient Mme Thibault.

 

« Lors d'un forum de concertation qui s'est tenu à Richmond le 1er juin dernier, les associations francophones de la Colombie-Britannique ont validé l'ajout dans le futur plan de développement stratégique 2019-2024 de la communauté francophone de la province d'un objectif qui visera à faire en sorte que les organismes et associations francophones, d'ici 2024, auront davantage intégré une approche entrepreneuriale dans la gestion courante de leurs activités afin de mieux diversifier leurs fonds. Or, la relation entre le Centre et Salade de fruits est un modèle de réussite en ce sens, et ce projet fera reculer de manière significative le Centre culturel francophone de Vancouver quant à sa capacité à atteindre cet objectif », insiste Mme Thibault.

 

« Cela est d'autant plus regrettable et sera encore plus dommageable, en ce sens que les revenus autonomes générés par Salade de fruits ont permis au Centre d'avoir accès à des subventions où il y a des limites qui sont établies quant au pourcentage des fonds publics permis pour financer un projet, et qui requièrent des contributions de l'organisme. Ainsi, pour donner un exemple, en 2017, dans la première année de la mise en œuvre du nouveau programme BC Live Music Fund géré par l'agence provinciale Creative BC, où le financement public est limité à 75% des revenus du projet, le Centre a pu obtenir un financement de 42 800$ qui a notamment appuyé la présentation du Festival d'été francophone de Vancouver en 2017. Notre capacité à utiliser les revenus autonomes, comme ceux générés par Salade de fruits, a été un atout pour assurer l'accessibilité au Centre de ce nouveau programme de financement. Ces revenus font également partie du montage financier pour l'obtention d'autres subventions qui soutiennent la programmation culturelle du Centre », renchérit Mme Thibault. « Salade de fruits est aussi le gagne-pain d'une dizaine de familles francophones et francophiles, et cela, nous devons en tenir compte », rajoute Mme Thibault. « Nous sommes d'autant plus peinés qu'une démolition de l'édifice est proposée alors que Salade de fruits a investi près de 100 000$ pour agrandir ses espaces il y a à peine deux ans ».

 

« Salade de fruits est aussi souvent le premier point de rencontre et de découverte de la communauté francophone pour de nombreuses écoles d'immersion qui amènent leurs élèves pour prendre un repas au Café. Le Café est une porte d'entrée pour faire connaître la francophonie et ses services », fait remarquer Mme Thibault.

 

«Aussi, les revenus générés par Salade de fruit ne sont pas les seuls revenus autonomes du Centre qui pourraient souffrir dans le cadre du projet de redéveloppement de la Maison de la francophonie tel qu'il est conçu à l'heure actuelle », fait ressortir Mme Thibault. « En 1994-1995, avant l'ouverture de Salade de fruits, les revenus autonomes du Centre se chiffraient à près de 70 000$, sur un budget global de près de 235 000$ en revenus. En 2017-2018, nos revenus autonomes se sont élevés à 347 974$, sur un budget global de près de 1 242 000$ en revenus. Ainsi, tant nos revenus autonomes que nos revenus de subvention ont quintuplé (augmentation de 500%) au cours des vingt-trois dernières années », explique Mme Thibault. « Salade de fruits a été une locomotive pour attirer une clientèle accrue du Centre, et cela a certes eu un impact positif sur nos autres sources de revenus autonomes, si bien qu'aujourd'hui, près de 300 000$ de nos revenus autonomes ne sont pas directement attribuables à Salade de fruits, bien que celui-ci contribue à attirer une clientèle à la Maison de la francophonie. Les revenus provenant des cours de français, des inscriptions au Camp Virgule, les revenus de billetterie pour les spectacles ou les revenus de commandite reliés à notre programmation culturelle ont également pris leur envol, tout comme le nombre de membres de notre organisme, qui a quadruplé pendant cette même période », précise Mme Thibault.

 

« Or, malgré l'engagement que l'on retrouve dans la lettre d'entente de la part des développeurs de trouver aux associations commanditaires un logement alternatif pendant la période de démolition et de construction de l'édifice qui se trouverait dans le corridor de la rue Broadway entre Main et Arbutus, et qui regrouperait l'ensemble des associations actuelles de la Maison de la francophonie, rien n'est assuré qu'au moment de la démolition, un espace suffisamment grand sera trouvé dans cette partie de la ville de Vancouver non seulement pour réunir les commanditaires de la Maison, mais simplement pour réunir les activités courantes du Centre. À lui seul, le Centre occupe près de 4 200 pieds carrés (près de 3 000 pieds carrés si nous excluons le restaurant), et pour pouvoir continuer à offrir des services de bibliothèque, de cours de langue, des expositions en arts visuels, et d'autres services qui sont utilisés sur une base quotidienne par la communauté et la population, il faudra trouver type d'espace qui se fait rare dans la ville de Vancouver. Nous savons déjà qu'il n'y aura pas de salle multifonctionnelle de prévue dans ce site temporaire, ce qui nous forcera à délocaliser les activités du Camp Virgule, ce qui représente également un retour en arrière pour le Centre », affirme Mme Thibault.

 

« Tout impact négatif sur la fréquentation de nos activités, pendant une période de construction qui peut durer de trois à quatre ans, pourrait avoir des impacts sur notre capacité à offrir plusieurs services qui sont présentement dans la programmation du Centre et qui sont en partie soutenus par nos revenus autonomes. Aussi, cela soulève des inquiétudes quant à notre capacité de fournir les activités et services que nous nous engageons à offrir dans les accords de financement qui nous lient au Ministère du Patrimoine canadien et à d'autres bailleurs de fonds », poursuit-elle.

 

«Il nous semble apparent que le Centre subira une part importante de risques dans un projet qui implique la démolition de l'édifice. Nous sommes particulièrement préoccupés par ce qui surviendra du Festival d'été francophone de Vancouver, pendant la démolition et la construction d'un nouvel édifice, et après également. Au cours des 29 années d'existence du Festival, et particulièrement en ce qui concerne le spectacle principal en extérieur sur la 7ième Avenue, nous avons travaillé d'arrache-pied à assurer une relation positive avec nos voisins immédiats », poursuit Mme Thibault. « Il ne s'agit pas d'une tâche facile, particulièrement depuis que le zonage du quartier où est situé la Maison de la francophonie est devenu mixte, commercial et résidentiel. De nombreuses tours à condo ont été construites, et il nous incombe à chaque fois de faire en sorte que les nouveaux résidents puissent s'accommoder du bruit provenant du son de la musique amplifiée. Ce travail fut particulièrement ardu avec l'arrivée d'une résidence pour personnes retraitées qui a été construite à quelques pieds de la scène extérieure il y a une vingtaine d'années. Aussi, nous avons constaté, au fil des ans, que le niveau de tolérance des résidents diminue lorsqu'ils ont payé à fort prix leur nouveau logement. Or, ce que Canderel propose de mettre sur le marché à partir du redéveloppement de la Maison de la francophonie sont des condominiums haut de gamme », précise Mme Thibault. « Somme toute, il nous a fallu de nombreuses années pour développer notre expertise quant à l'utilisation de ce site, et une bonne partie de ce travail pourrait être à recommencer ».

 

« Alors que le Centre participe cette année à de nombreuses études portant sur la viabilité de l'industrie de la musique à Vancouver et en Colombie-Britannique, de même qu'aux consultations de la ville de Vancouver portant sur l'adoption d'une nouvelle politique culturelle au niveau municipal qui est intitulée Creative City Strategy, le milieu des arts et de la culture constate que la spéculation immobilière à Vancouver a eu de nombreuses répercussions négatives dans notre secteur. Même si une partie de l'administration de la ville forcerait à mettre dans les titres de propriété des nouveaux propriétaires une clause concernant la tenue du Festival pendant une journée en juin, les plaintes concernant le bruit ou tout autre inconvénient concernant le Festival sont acheminées au département des permis pour événement (« special events licence ») qui ont pleine juridiction en la matière, et nous savons d'expérience qu'il suffit de bien peu de plaintes pour que ce permis soit remis en cause. Nous voyons mal comment la densification du site même de la Maison de la francophonie, avec des résidences vendues à fort prix, localisées à quelques pieds de la scène extérieure de la 7ième Avenue, pourrait aider la tenue du Festival», souligne Mme Thibault.

 

« Comme nous ignorons où nous pourrions nous retrouver pendant la période de démolition et de reconstruction de l'édifice, il se pourrait qu'il s'agisse d'un endroit où il n'est pas envisageable de fermer la rue pour des raisons liées au transport en commun, par exemple. Or, l'idée de tenir un festival au cœur de la ville est la marque de commerce du Festival d'été, à l'image de festivals de musique francophones que l'on retrouve dans des villes comme Montréal. Le segment « fête de rue » du festival est celui qui rapporte le plus en termes de revenus autonomes, qu'il s'agisse d'attirer des commanditaires importants, ou de générer des revenus de billetterie et de bar. C'est le modèle de financement de tout le Festival d'été francophone de Vancouver qui pourrait être remis en cause », affirme Mme Thibault. « Ce concept, que nous avons été les premiers à instaurer à Vancouver, pourrait être mis en péril non seulement pendant la démolition et la construction de la nouvelle Maison de la francophonie, mais aussi après, car il est clair que la dynamique du quartier aura changé à notre retour. Non seulement nous devrons satisfaire les nouveaux résidents, mais les anciens voisins, résidents et commerces auront perdu l'habitude de l'événement, ce qui laisse présager que nous devrons repartir loin derrière pour rétablir l'acceptabilité d'un festival de rue dans notre quartier », explique Mme Thibault.

 

« Nous avons fait part de nos inquiétudes quant aux impacts de ce projet dès les débuts, et plus particulièrement lors d'une rencontre de notre conseil d'administration qui a eu lieu en avril 2011 à laquelle a assisté le président du conseil d'administration de la Société Maison, M. Pierre Gallant. Nous avons communiqué à nouveau nos inquiétudes quant à ces impacts dans une lettre adressée à M. Gallant le 10 septembre 2013, faisant suite au dévoilement de la deuxième étude de faisabilité du projet qui a été effectuée en avril 2013. Malgré nos efforts, et bien que d'autres initiatives concernant ce projet aient été commandées par la Société Maison, tel un sondage et une étude de besoin en espace qui a été amorcée à l'automne 2017, aucune étude d'impact de ce projet, qui varie selon les commanditaires, n'a été réalisée ou entamée. Cela est une grande déception pour nous », fait valoir Mme Thibault. « Nous ne pouvons concevoir qu'un projet d'une telle envergure ne soit pas accompagné d'une étude des impacts potentiels sur la capacité des commanditaires de pouvoir maintenir leur modèle d'affaire et leurs engagements envers la communauté et les bailleurs de fonds ».

 

« Aussi, nous avons été surpris de constater, dans la lettre d'intention qui a été soumise au vote des commanditaires, et lors de la présentation qui accompagnait ce vote, qu'il est prévu que le développeur immobilier redonne dans le nouvel espace de la Maison de la francophonie sensiblement le même nombre de pieds carrés aux associations commanditaires de la Maison, avec une augmentation potentielle de 10% du nombre de ces pieds carrés. Par exemple, la capacité légale de la salle multifonctionnelle (Studio 16) passerait de 136 à 150 sièges. Comme aucun plan du nouvel édifice et du redécoupage des espaces n'a encore été soumis aux associations commanditaires, il nous est difficile d'évaluer comment ce projet répondra de façon significative à l'une des prémisses qui a été utilisées pour militer en faveur de son adoption, soit d'inclure un plus grand nombre d'associations et de services pour la communauté francophone et francophile dans les nouveaux lieux. Pour pouvoir en juger, il aurait fallu que l'étude des besoins des commanditaires qui a été amorcée à l'automne 2017 ait été complétée et soit accompagnée d'une première esquisse des plans prévus pour l'utilisation possible de ces espaces, avant que nous ayons eu à adopter une lettre d'intention avec le promoteur immobilier qui comprend de nombreux engagements de notre part, et ce, d'autant plus qu'on demande au Ministère du Patrimoine canadien de donner immédiatement son aval à la réalisation du projet soumis par le développeur Canderel », estime Mme Thibault.

 

« Aussi, notre analyse quant à l'interprétation des données de ce sondage qui a été effectué auprès de la communauté francophone et francophile à l'été 2017 diffère de l'interprétation qu'en fait le conseil d'administration de la Société Maison », poursuit Mme Thibault. « En effet, nous avons pu constater que 75% des répondants au sondage se sont déjà rendus à la Maison de la francophonie de Vancouver, ce qui démontre un fort taux d'utilisation de ce lieu par la communauté et la population du Vancouver métropolitain. Aussi, parmi les quatre principaux motifs de leur visite de la Maison de la francophonie, les répondants ont identifié le Centre culturel francophone, le restaurant Salade de fruits, et la participation à un événement francophone, soit des aspects qui sont reliés à la viabilité des programmes et services du Centre. Parmi les 25% de répondants qui n'avaient jamais visité la Maison de la francophonie, plus de 50% ont affirmé que la raison d'une future éventuelle serait de se prévaloir des services du Centre culturel francophone de Vancouver. Ces données mettent en évidence et confirment l'évaluation que nous faisons, à savoir que le Centre a pu prospérer et répondre aux attentes d'une partie importante de la communauté et des citoyens à partir de nos espaces dans l'actuelle Maison de la francophonie de Vancouver, comme l'illustrent la croissance de notre membership, de nos services, de notre budget de nos revenus autonomes depuis notre installation dans la Maison », affirme Mme Thibault.

 

« Aussi, 62% des répondants au sondage estiment que la Maison de la francophonie de Vancouver est convenable. Les taux de satisfaction sont très élevés quant à la diversité des associations et des services présents (89,5%), l'emplacement géographique et l'accessibilité de la Maison (88%), les activités et les événements qui s'y déroulent (81%), ainsi que le caractère rassembleur pour la communauté francophone et francophile de l'actuelle Maison (59%)» poursuit Mme Thibault. «Toutefois, une majorité des répondants (52%) ont exprimé leur souhait de voir des améliorations apportées à l'esthétique de la Maison, ainsi qu'à l'organisation des locaux (60%). Nous ne sommes pas du tout opposés à des travaux qui pourraient améliorer la Maison de la francophonie sur ces aspects, et ce pour le bénéfice de toutes les associations commanditaires, bien au contraire », précise-t-elle.  « Le Centre lui-même a connu trois phases de rénovation entre les années 1994 et 2000 pour pouvoir servir convenablement ses membres, la communauté et la population », note Mme Thibault.

 

« Nous avions d'ailleurs demandé dans la lettre adressée à M. Gallant en 2013 qu'une inspection indépendante du bâtiment soit effectuée par la Société Maison de la francophonie, puisqu'à l'époque, le projet de redéveloppement était justifié par leur conseil d'administration sur la base d'une opinion selon laquelle le maintien, l'entretien ou des projets de rénovation de la Maison de la francophonie n'étaient pas des options viables à long terme. Or, cette étude a été effectuée en 2014, et elle concluait qu'à long terme, sur une période allant jusqu' à 15 ans, soit d'ici 2029, des travaux d'entretien du bâtiment d'un montant total de 1,465,000$ seraient requis. Nous reconnaissons qu'il s'agit d'une somme importante, d'autant plus que l'hypothèque à payer à la fin de l'année fiscale 2017-2018 se situe autour de 1 million$. Cette étude n'a pas tenu compte de travaux éventuels de mise à jour sismique, qui seraient à effectuer éventuellement, quoi que pour le moment, nous bénéficions d'une clause de droits acquis ou d'antériorité (clause grand-père) en raison de la période de construction du bâtiment, soit une aile qui a été construite en 1973, alors que l'aile principale a été construite en 1985, soit peu de temps avant que la communauté francophone se porte acquéreur du bâtiment », précise Mme Thibault. « Cette aile est l'œuvre de l'architecte Bruno Freschi, qui a été l'architecte principal de l'Exposition Universelle de 1986, et à qui nous devons le design de Science World, une des marques de commerce de la ville. Ainsi, la Maison s'inscrit dans un moment important de la mise en œuvre du patrimoine architectural de la ville de Vancouver, ce dont nous devons nous soucier », soutient Mme Thibault.

 

« Aussi, selon nous, la situation financière de la Maison de la francophonie n'est précaire au point que toute autre option que celle qu'on nous propose actuellement soit exclue », fait valoir Mme Thibault. « Au cours des dernières années, la Maison a pu dégager un surplus annuel d'environ 100 000$ par année, et ce surplus accumulé s'élevait à la fin de l'année financière 2016-2017 à près d'un million de dollars (987, 967$), et nous pouvons penser qu'il aura franchi le cap du 1 millions de dollars à la fin de la présente année financière 2017-2018 », souligne-t-elle. « Quant aux réserves bancaires, celles-ci se chiffraient à 543 000$ à la fin de l'année financière 2016-2017. Compte tenu de la valeur du terrain et du bâtiment qui sont estimés par BC Assesment à près de 30 millions$ en 2018, il nous semble que nous avons les assises pour envisager une autre option que celle qui est sur la table », insiste Mme Thibault.

 

« Cela est d'autant plus vrai depuis l'annonce par le gouvernement fédéral du nouveau plan d'action pour les langues officielles 2018-2023 qui vient tout juste d'être dévoilé en mars 2018 », enchaîne Mme Thibault. « Ce plan prévoit de nouveaux investissements de 67,25 millions$ au cours des cinq prochaines années pour les lieux de rassemblement des communautés minoritaires de langue officielle, en plus des investissements de 28 millions$ pour des infrastructures éducatives et communautaires annoncées en 2017. Cette annonce change la donne, et ouvre la porte à du financement qui n'était pas accessible auparavant », fait valoir Mme Thibault.  « Il nous semble que cette annonce récente ouvre de nouvelles portes et qu'il s'agit d'une option intéressante qui mérite d'être explorée quant à l'obtention du financement requis pour améliorer et rénover la Maison de la francophonie de Vancouver. Nous avons toujours souhaité qu'il y ait une option de rénovation qui n'implique pas la démolition de l'édifice, et qui permettrait possiblement de mitiger les impacts négatifs que nous avons évoqués pour le Centre en ce qui concerne le projet actuel de redéveloppement qui est proposé avec le promoteur immobilier Canderel », soutient Mme Thibault.

 

« Nous souhaitons rappeler que le conseil d'administration du Centre agit en cohérence avec la résolution qui a été adoptée à notre assemblée générale annuelle en septembre 2016, et qui stipulait des conditions importantes avant que le Centre donne son aval au projet actuel. En plus des préoccupations que nous nous avons soulevées, et de la nécessité d'exercer une étude diligente de tout document juridique qui accompagne ce projet, cette résolution souhaitait que nous obtenions des informations plus précises sur de nombreux aspects du projet, dont les espaces qui seraient occupés par le Centre dans un projet de redéveloppement de l'ampleur de celui qui est proposé par la Société Maison de la francophonie, ou encore le maintien de notre bail et les termes de celui dans lequel nous devrions nous engager après une éventuelle démolition et reconstruction de la Maison », conclue Mme Thibault.

 

À propos du Centre culturel francophone de Vancouver

Incorporé en 1975, le Centre culturel francophone de Vancouver a pour mandat de présenter des manifestations et des spectacles de qualité professionnelle, offrant à la population du Grand Vancouver une accessibilité aux produits artistiques de langue ou de culture francophone dans les secteurs des arts visuels, des arts médiatiques et des arts de la scène. Le Centre offre également une panoplie de services éducatifs et communautaires à toute personne s'intéressant aux activités du Centre, parlant français ou non.